Lettre ouverte aux dirigeants des grands médias français
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Paris – le 01 décembre 2025
Madame, Monsieur,
La France compte plus de 3,8 millions d’entrepreneurs.
Avec leurs 21 millions de salariés, dont la moitié dans les PME, ils travaillent, innovent, produisent et soutiennent chaque jour le modèle social.
Pourtant, l’entreprise occupe dans le débat public une place paradoxale.
Elle est au cœur de la vie du pays ; c’est elle qui crée la richesse, l’emploi, la formation, l’innovation et pourtant, l’image que certains discours politiques renvoient des entrepreneurs reste souvent déformée, parfois même caricaturale.
On parle d’eux, pour les analyser, les critiquer, toujours pour arbitrer sur leur avenir mais rarement pour les entendre.
C’est la seule grande question du pays où les premiers concernés ne sont pas sur les plateaux. Pour la santé, on invite des médecins ; pour la justice, des magistrats ; pour la défense, des militaires…
Pour l’économie, on écoute des experts, des éditorialistes, des responsables politiques…mais pas ceux qui créent l’activité économique elle-même.
Et pourtant, les Français accordent massivement leur confiance aux entrepreneurs.
Le sondage IFOP pour le Cercle des Entrepreneurs Engagés (octobre 2025) l’établit clairement :
- 69 % des Français déclarent avoir confiance dans les dirigeants de TPE/PME,
- contre 18 % seulement dans le personnel politique national.
Ce décalage devrait conduire à leur donner davantage de place dans le débat public.
Aujourd’hui, c’est l’inverse.
Sur les grands plateaux télévisés, dans les matinales radio, dans les émissions politiques, les entrepreneurs sont largement absents, parfois totalement, y compris lorsque les débats concernent directement la vie des entreprises. Lorsque sont discutés la fiscalité, la taxe Zucman, la transmission d’entreprise, la réindustrialisation, l’emploi, les normes, la transition énergétique ou la compétitivité, ce sont précisément les entrepreneurs qui devraient être là. Ceux qui embauchent, prennent des risques, dirigent des équipes, innovent, financent le bien commun.
Leur absence n’est pas un simple manque d’équité : c’est une perte de vérité pour le pays. Elle entretient un récit économique où l’analyse l’emporte sur l’expérience, où l’abstraction prime sur le réel.
Elle prive les Français d’une voix qui doit avoir toute sa place dans le débat public.
Notre demande : un rééquilibrage légitime et nécessaire
Nous vous demandons donc respectueusement mais fermement d’adopter une règle simple : chaque fois qu’un sujet concerne l’entreprise, l’économie, l’emploi ou la fiscalité, inviter au moins un entrepreneur à vos débats.
Nous ne parlons pas de représentants institutionnels. Il faut entendre les entrepreneurs du quotidien : artisans, commerçants, agriculteurs, auto-entrepreneurs, dirigeants de TPE, fondateurs de start-up, industriels, patrons de PME, d’ETI ou de grands groupes.
Le pays ne manque pas de talents ni de voix.
Il manque simplement de ne pas les entendre suffisamment.
Pas les entendre en bruit de fond, en micro trottoir, mais comme porte-voix de la réalité dans les émissions qui comptent, celles qui rassemblent des millions de Français et structurent l’opinion.
Nous vous écrivons pour que la parole sur les sujets économiques devienne fidèle à la réalité du pays dans vos médias. Pour que les entrepreneurs dans leur diversité et leur vérité puissent enfin prendre toute leur place dans le débat national.
À un moment où la confiance publique vacille, où l’économie inquiète, où les décisions structurantes doivent être comprises de tous, vous avez un rôle essentiel :
garantir une représentation fidèle des forces vives du pays.
Les entrepreneurs ne demandent aucun privilège.
Ils demandent simplement que leur voix puisse être présente dans les lieux où se façonne la compréhension du pays.
Nous espérons que vous entendrez cet appel et nous tenons à votre disposition pour travailler ensemble à ce rééquilibrage nécessaire.
Matthieu Boeche , Jean-Philippe Cartier, Catherine Laval, Sophie de Menthon, Hervé Novelli, Lionel Roques, Eugénie Viellard pour le Cercle des Entrepreneurs Engagés.




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